
Partir… combien de fois cette idée m’a traversé l’esprit… L’appel de l’ailleurs, cet ailleurs forcément mieux que l’ici et le maintenant…
Dans son film, Sean Penn ne fait pas l’apologie du « partir pour partir ». Il nous amène à réfléchir au sens de notre envie de départ.
Partir pour fuir une réalité trop dure ? Cette femme hippie, qui voyage en van avec son mari, est rattrapée par sa souffrance : même à des milliers de kilomètres de chez elle, le souvenir de son fils disparu la rattrape.
Partir pour changer ses habitudes ? Ce jeune couple d’Europe du Nord mange des hot dogs, sur une plage au bord du Grand Canyon…
Partir seul pour trouver le bonheur ? “Le bonheur n’est vrai que s’il est partagé…”, phrase forte qui résonne chez beaucoup d’entre nous.
J’ai beaucoup aimé ce film justement parce que Sean Penn ne tombe pas dans la complaisance. Il laisse au voyage la magie qu’il comporte : voir le monde, c’est rencontrer l’Autre qui perturbe nos habitudes et nos convictions, c’est acquérir une certaine forme de liberté, c’est prendre le temps, c’est réapprendre l’art de la flânerie, c’est retrouver le sens du jeu et de la fête. Mais il pointe également la souffrance, le doute, les difficultés inhérents au voyage.
Au cœur de l’hiver, alors que je ressens des envies de soleil et de grands espaces, ce film tombe à pic pour me faire voyager… en moi-même !
Merci Sean Penn.
Sybelès.