« Rares sont les gitans qui acceptent d’être tenus pour pauvres, et nombreux sont ceux pourtant qui le sont. Ainsi en allait-il des fils de la vieille Angéline. Ils ne possédaient que leur caravane et leur sang. Mais c’était un sang jeune qui flambait sous la peau, un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femmes et engendré sans compter. Aussi, comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes, ils auraient craché par terre à l’idée d’être plaints. »
Ainsi commence l’histoire de cette famille de gitans. Angéline, ses cinq fils, ses quatre belles-filles et ses petits-enfants vivent sur un terrain vague où ils mènent une existence rude entre les expulsions, les visites des travailleurs sociaux et les conditions matérielles précaires avec lesquelles ils doivent composer leur quotidien.
Un jour, Esther, une bibliothécaire, qui pense que les livres « sont nécessaires comme le gîte et le couvert » se met en tête de faire découvrir aux enfants la magie de la lecture. D’abord méfiants, les adultes finissent par accepter la présence de cette gadgé, immédiatement adoptée par les plus jeunes. Commence alors le récit d’une rencontre…
La rencontre de deux mondes : celui des gadgés et celui des gitans. Deux mondes que, a priori, tout oppose mais qui vont s’apprivoiser doucement. Cette envie d’aller vers l’Autre, va être nourrie par la curiosité, la fascination, la crainte, la séduction….
C’est un véritable bonheur de vivre cette rencontre au fil des pages. Sans concessions, sans voyeurisme, sans misérabilisme, l’auteur nous entraîne dans un beau moment de vie, plein d’humanité.
Sybelès.
10 mai 2008 à 5:35
c’est un très beau texte en effet que je viens de lire. Je découvre en même temps l’auteur, dont je lirai sans doute d’autres titres…